Ouvert du mercredi au dimanche de 10h30 à 18h

Les artistes

Les artistes

Ancienne résidence d’été et atelier de la peintre Consuelo Fould, le lieu offre une déambulation poétique et artistique à travers les arts dans la seconde moitié du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle.

Le parcours de visite traverse les deux bâtiments accolés et permet de découvrir l’intérieur du Pavillon de la Suède et de la Norvège créé pour l’Exposition universelle de 1878 ainsi que les œuvres des sœurs Fould, de Ferdinand Roybet et d’autres artistes en fonction de l’accrochage et des expositions temporaires. Le musée conserve des œuvres de Jean-Baptiste Carpeaux, Gustave Haller, Alexandre Séon ou Adolphe Lalire…

Au fil des expositions et des recherches, le musée s’attache à comprendre l’histoire sociale et artistique de la ville de Courbevoie et la carrière des artistes ayant vécu ou travaillé sur la commune.

Ferdinand Roybet (1840-1920)

Peintre, graveur et illustrateur français
Né à Uzès le 12 avril 1840 et décédé à Paris le 12 avril 1920

Originaire de la ville d’Uzès, Ferdinand Roybet s’installe avec ses parents à Lyon vers 1846. Le jeune homme a treize ans quand il entre, en 1853, à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon dans l’atelier du graveur, Joseph Vibert (1799-1860). Il pratique ainsi le dessin, la gravure et la lithographie. L’enseignement ne correspond pas à ses attentes et il quitte l’école pour étudier la peinture notamment au musée de Lyon où il affine ses observations par l’étude directe de la nature.

En 1863, la vente de sa première toile le conforte dans ses choix. A la mort de son père, l’année suivante, il rejoint Paris aidé dans son installation par son ami lyonnais Antoine Vollon. En 1865, le jury du Salon retient une première œuvre de Roybet. Membre comme Vollon de la Société des Aquafortistes, il expose également des eaux-fortes.

La carrière de Roybet se confirme en 1866 quand la Princesse Mathilde achète une de ses œuvres intitulée Fou sous Henri III, actuellement au musée des Beaux-arts de Grenoble. Ferdinand Roybet développe dorénavant des scènes de reconstitutions historiques en correspondance avec les idéaux artistiques du Second Empire. Sa peinture parfois réduite aux simples portraits de mousquetaires s’enrichit au fil des ans d’apports extérieurs. Ainsi, ses voyages, en Hollande, en Afrique du Nord, en Italie ou en Espagne l’amènent à étudier les compositions de grands maîtres dont l’influence est directement perceptible dans ses œuvres : Frans Hals, Rembrandt, Jordaens, Velázquez…

Il rencontre Valérie Simonin et ses filles par l’intermédiaire de son ami Antoine Vollon à la fin des années 1880. Ces dernières achèveront auprès du maître une formation initiée par Alexandre Cabanel. Au contact de Roybet, leur peinture évolue et s’enrichit tant dans la composition ou dans l’étude de la couleur que dans la manière de peindre. Consuelo Fould, reprend la technique du fond sombre mis en contraste par de ponctuelles touches colorées. Elle conserve aussi le goût de peindre sur des panneaux en acajou sur une fine couche de préparation. Par l’intermédiaire du réseau d’artistes auquel Roybet appartient, les sœurs Fould font la connaissance de Juana Romani avec laquelle elles se lient d’amitié. De nombreux portraits croisés témoignent de la présence des uns et des autres. Si Consuelo et Georges Achille-Fould héritent du goût pour la mise en scène historique, Juana Romani affirme son style par un rendu soigné et précis des costumes et de leurs accessoires.

Au faîte de sa carrière, Ferdinand Roybet dépensa sans compter. Il se constitue alors une importante collections d’objets d’art décoratif, de mobiliers anciens de style Louis XIII, néo-gothique ou oriental. C’est tout naturellement qu’il peint des collectionneurs et des amateurs d’art ; tout comme il se portraiture à plusieurs reprises soit de manière officielle ou cachée dans ses compositions historiques. L’analyse de ses œuvres révèle un cercle d’amis très large auquel il fait appel pour d’importantes compositions comme La Main chaude (1894), La Sarabande (1895), L’Astronome (1898) ou Le Refus des impôts (1909). La carrière de Ferdinand Roybet fut célébrée en son temps par divers expositions dont une rétrospective à la Galerie Georges Petit. En 1900, il est fait officier de la légion d’Honneur. Il achève sa carrière par une peinture intime essentiellement composée de sujets religieux. Il décède à Paris, en la nuit du 10 au 11 avril 1920.

Mlle Georges Achille-Fould (1865-1951)

Peintre et dessinateur
Né à Asnières-sur-Seine, le 24 août 1865, décédée à Uccle (Belgique), le 24 août 1951

Achille Valérie Fould mena une carrière d’artiste peintre signant ses œuvres « Achille-Fould » et se faisant appeler Georges Achille-Fould en hommage à Georges Stirbey. La jeune femme ainsi que sa sœur Consuelo avait, en effet, été adoptée par le prince, en 1888, quatre ans après la mort de leur père Gustave Eugène Fould.

Elève d’Alexandre Cabanel, de Léon Comerre et d’Antoine Vollon, Mlle Georges Achille-Fould expose régulièrement de 1885 à 1949. Membre de la Société des Artistes Français et de la Société Nationale des Beaux-Arts, elle participe à leurs salons ainsi qu’au Salon des Indépendants, au Salon de l’Union des Femmes-Peintres et sculpteurs, à celui de l’École Française, ou encore au Salon d’Hiver, sans compter diverses invitations à Paris et en province (Le Havre, Versailles, Lyon…). Comme son maître Léon Comerre précédemment, Mlle Georges Achille-Fould obtient une médaille de bronze au cours d’une Exposition universelle (1900).

Peintre de scènes de genre, elle se consacre presque exclusivement à des sujets féminins. Reflet d’une époque, sa peinture atteste du combat que menèrent les femmes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe pour s’imposer en tant qu’artistes et s’affranchir d’une tutelle masculine. L’artiste vécut à Asnières puis à Paris et à Courbevoie où elle possédait un atelier accolé au Pavillon des Indes anglaises (ancien pavillon de l’Exposition universelle de 1878) après son remontage dans le parc de Bécon. La villa–atelier est aujourd’hui habitée par un artiste en résidence dans le cadre d’un projet culturel développé par la ville de Courbevoie, en partenariat avec l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)

Sculpteur, peintre et graveur
Né le 11 mai 1827 à Valenciennes, décédé à Courbevoie, le 12 octobre 1875 

Fils d’un maçon et d’une dentellière, Jean-Baptiste Carpeaux se forme très jeune au sein de l’Académie d’architecture, de peinture et de sculpture de Valenciennes. En 1838, la famille s’installe à Paris et le jeune homme entre à la Petite Ecole Royale gratuite de dessin. Il fait la connaissance des sculpteurs Henri Chapu et Albert-Ernest Carrier-Belleuse ainsi que des architectes Charles Garnier et Gabriel Davioud. Ne pouvant vivre de ses premiers modelages, il s’engage comme porteur aux Halles. En 1844, il entre dans l’atelier de François Rude à l’Ecole des beaux-arts. Mais la réputation du maître est un obstacle à sa carrière. Après le décès de son protecteur et ami, Victor Liet, Carpeaux trouve refuge auprès de ses compatriotes et sculpteurs, Abel de Pujol et Louis Auvray. Il réalise ses premières commandes dans sa ville natale de Valenciennes.
Il se présente pour la première fois au Salon annuel, sous un nom d’emprunt, celui de son ami Ernest Blagny, en 1852. Mais ses œuvres ne trouvent aucun écho. Rencontrant Napoléon III, à Amiens, Carpeaux obtient des commandes qui marquent le début de sa carrière. Il songe désormais à concourir pour le Prix de Rome. Le 9 septembre 1854, les académiciens lui accordent le Grand Prix de Sculpture pour sa figure d’Hector implorant le fils Astyanax. Retardé par ses commandes parisiennes, le sculpteur arrive à Rome avec deux ans de retard, en 1856. Il puise dans les rues de la capitale italienne des sujets dans lesquels il puise tout au long de sa carrière. Il copie les maîtres italiens, particulièrement les œuvres de Michel-Ange qui furent une révélation. « Rien n’arrête mon imagination : j’entreprends tout, quitte à apprendre en recommençant. »
En 1862, de retour à Paris, Carpeaux ne reçoit pas l’accueil escomptée par ses pairs et par le public. En 1863, l’architecte Hector Lefuel lui commande un bas-relief pour la reconstruction du pavillon de Flore au Louvre. « J’ai à cœur, ami, de faire plus que mes forces, pour dire un jour à la postérité : Voilà le produit de la volonté. » Les nombreux retards de Carpeaux vont assombrir ses relations avec l’architecte, par ailleurs, peu sensible à sa proposition. Le groupe plaît néanmoins à Napoléon III. Plusieurs autres commandes importantes suivront, notamment La Danse pour l’Opéra de Paris, Les Quatre Parties du monde soutenant la sphère céleste pour les jardins du Luxembourg…
Après 1871, Carpeaux rencontre de multiples difficultés, tant dans sa vie privée, que financièrement. La chute du Second Empire et l’exil de Napoléon III réduisent son activité. En 1874, malade et souffrant, il est invité par Valérie Simonin-Fould et le Prince Stirbey à venir se reposer à Nice. A son retour, il s’installe à Courbevoie, dans une villa aujourd’hui disparue, proche du domaine de Bécon. Il s’éteint le 12 octobre ; il est inhumé le 14 octobre à Courbevoie puis transporté à Valenciennes, le 29 novembre 1875.

Léon Canniccionni (1879-1957)

Peintre, dessinateur, illustrateur et affichiste
Né à Ajaccio le 29 avril 1879, décédé à Courbevoie, le 25 avril 1957

Premier directeur du musée Roybet Fould, le peintre Léon-Charles Canniccioni vécut plus de dix ans dans la villa de Consuelo Fould, dessinant et peignant entre 1939 et 1957 dans l’ancien atelier de la peintre.

Cette dernière voulait y créer un lieu entièrement dédié, après sa mort, à l’art, à la création et à son maître Ferdinand Roybet. Elle souhaitait que la direction du futur musée qu’elle avait imaginé, soit menée par un artiste, ancien élève de l’Ecole des Beaux-arts.

Le maire de Courbevoie, André Grisoni, cousin de l’artiste, engage Léon-Charles Canniccioni qui arrive à Courbevoie, en 1939. C’est avec lui que commence l’histoire du musée Roybet Fould qui, en 1951, ouvre enfin ses portes. L’année est aussi celle du dernier voyage en Corse.

L’œuvre de cet artiste puise sa force et son énergie dans l’histoire sociale de l’île de Beauté. Le peintre réalise en effet tout au long de sa vie des paysages et des scènes de genre. Ces compositions mettent en scène les variations lumineuses des nuages et les lignes changeantes de l’horizon. Sa vision ethnographique témoigne du climat apaisé et chaleureux des communautés qu’il côtoie. A l’âme tranquille et ouvrière des paysans s’associent la vie, les us et les coutumes des habitants.

La famille avait quitté la Corse, en 1880, contrainte par d’importantes difficultés économiques. Elle s’installe à Paris où Léon-Charles Canniccioni grandit et étudie : d’abord, à l’Ecole nationale des Arts décoratifs (1893), puis à l’Ecole nationale des beaux-arts (1895-1899), dans l’atelier libre de Jean-Léon Gérôme et, après son admission, en élève. Aussi conservera-t-il de l’enseignement du maître un goût certain pour l’Orientalisme. Conjointement, il intègre la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Mobilisé en 1915 sur le front de l’Est, il sera gazé et emprisonné. La guerre sera une autre source d’inspiration, plus douloureuse et tragique.

Les contacts avec la Corse restent permanents. Lors de ses nombreux voyages, il fréquente les écrivains et les poètes dans le sillage de son père Xavier « Canny ». Il est ami avec les principaux représentants de l’Ecole d’Ajaccio, plus particulièrement, J.-B Bassoul, F. Corbellini ou Lucine Péri. Plusieurs fois récompensés, il reçoit entre autres, une médaille d’or au Salon parisien de 1924 et une autre, à l’Exposition universelle de 1937. Il obtient également de nombreux prix. Ses œuvres peu connues révèlent un artiste accompli usant d’une grande diversité de techniques en peinture comme en dessin.

Adolphe Lalire [LA LYRE]  (1848-1933)

Peintre et dessinateur
Né à Rouvres-en-Woëvre, le 1er octobre 1848, décédé à Courbevoie le 26 janvier 1933

Présentant des dispositions artistiques, il est encouragé dès l’enfance dans cette voie par un ami de la famille, le peintre Christophe Cathelinaux.

La carrière du peintre connaît dès lors plusieurs étapes, chacune marquées par des lieux et des rencontres. Il fréquente l’école de Rouvres puis le lycée d’Etain où il s’initie au dessin. Au début des années 1860, il étudie l’architecture à Verdun avant de s’installer à Nancy où il entre à l’école des beaux-arts. Il y reçoit une première formation dans le domaine des arts décoratifs. Inquiet par les événements politiques, la famille Lalire fuit l’est de la France pour Paris. Adolphe exerce alors divers métiers dont celui de dessinateur industriel. Entre 1872 et 1874, tout en travaillant, il suit les cours du soir à la Petite école gratuite de dessin (future Ecole supérieure des arts décoratifs). Lalire entre à l’Ecole des beaux-arts de Paris, dès 1874, pour des cours du soir, puis à partir de mars 1875, en tant qu’élève. Les artistes rencontrés à l’école orienteront ses choix artistiques notamment Alexandre Cabanel et Pierre Puvis de Chavannes.

Parallèlement à ses études artistiques, le peintre enseigne le dessin à des adultes dans les écoles du XIIème arrondissement de Paris. Epousant une jeune élève du nom de Jeanne Louise Marthe Lévesques (1865-1952), Lalire emménage chez ses beaux-parents, à Chennevières-sur-Marne avant de s’installer définitivement à Courbevoie, en 1897. Le couple habite 245 puis 297 rue Saint-Denis. Le peintre y décède le 26 janvier 1933.

Le couple qui vit face au domaine de Bécon est lié à Louis-Armand Silvestre et à des artistes qui fréquentent la commune à partir des années 1880. Consuelo Fould, artiste peintre propriétaire du Pavillon Suède-Norvège de l’Exposition universelle de 1878, actuel musée, est ainsi mentionnée dans L’Histoire du Nu féminin à travers les âges chez tous les Peuples, publié en 1910 et rédigé par Lalire.
L’ouvrage est un manifeste honorant les « beautés morales et spirituelles » des œuvres des maîtres antiques ou contemporains.

Jeanne Louise Marthe Levesques  (1855-1952)

Peintre et dessinateur
Né à Paris le 8 mai 1865 et morte à Colombes le 11 février 1952

Marthe est la fille de Clémentine Hélène Liandon et de Paul Charles Eugène Lévesques, Lieutenant au onzième Régiment de Chasseurs. La jeune fille grandit dans une famille de militaires de carrière et appartient ainsi à la petite bourgeoisie parisienne.

Elle se forme aux arts plastiques en étudiant à la Maison de la Légion d’Honneur à Saint-Denis. A cette époque, elle a pour professeur Adolphe Lalire avant de rencontrer, en 1888, le peintre d’histoire Emile Signol (1802-1892). Encouragée par Lalire, elle expose au Salon des Artistes Français, au Salon d’Automne, à l’Ecole nationale des beaux-arts et au Salon de la Société des Artistes Indépendants mais de manière irrégulière.

En 1901, Marthe adhère à la Société des Artistes Français dont elle démissionne comme Adolphe Lalire, le 4 juillet 1929. Elle est aussi membre de la Société artistique d’Asnières en 1913 et 1914. Sa carrière artistique ne trouvera aucune reconnaissance officielle contrairement à son mari, et ses œuvres, des paysages et des natures mortes, demeurent peu connues. Elle obtient l’autorisation de dessiner d’après nature au Muséum d’Histoire naturelle de Paris en 1901. Son style naturaliste la rattache aux mouvements picturaux de la fin du XIXème siècle. Adolphe Lalire et Marthe Lévesques n’auront pas d’enfants. Ils prirent néanmoins en affection un jeune garçon du nom de Jacques, fils de Jeanne Jouve, dame de compagnie du couple.