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Histoire du Musée

Histoire du Musée

Roybet Fould Un site d'exception

Situé dans le parc de Bécon, le musée Roybet Fould constitue un lieu exceptionnel et unique tant pour son architecture singulière que sa riche histoire. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1987, le pavillon en pin rouge de Norvège évoque l’architecture traditionnelle scandinave et témoigne des premières constructions préfabriquées.
L’édifice a été entièrement construit à Christiania (Oslo). Il a ensuite été transporté et exposé à Paris, en 1878, avant d’être remonté à Courbevoie, au cours des années 1880.

Propriété de la Ville, cette ancienne villa-atelier fut léguée par Consuelo Fould (1862-1927). La peintre souhaitait créer un lieu rendant hommage à la peinture de son maître et ami, Ferdinand Roybet.

La famille de Consuelo Fould est constituée de personnalités de renom. Petite-fille d’Achille Fould, ministre de Napoléon III, Consuelo est également la sœur de Mlle Georges Achille-Fould (artiste peintre) et la fille de la comédienne et écrivain, Valérie Simonin connue sous le pseudonyme de Gustave Haller.
Ensemble, la famille Fould contribue au remontage de deux pavillons provenant de l’Exposition universelle de 1878 à Paris, dans le parc de Bécon. Le projet est financé par le prince roumain Georges B. Stirbey, futur propriétaire du château et d’une partie du parc.

Histoire Pavillon de la Suède et la Norvège

Construit pour l’Exposition universelle de 1878, à Paris, le Pavillon de la Suède et de la Norvège est présenté dans la Rue des Nations, face à la rue Desaix. Il est inauguré par Oscar Gustave Adolphe, duc de Wermland, prince royal de Suède et de Norvège, fils aîné du roi Oscar II.

Sa structure étant entièrement modulable et démontable, il a pu être acheminé vers Paris en bateau. La situation politique du royaume Suède-Norvège est symbolisée par la structure du bâtiment divisé en trois sections. Depuis 1814, les Royaumes Unis de Suède et de Norvège forment en effet un état fédéré ; la Norvège obtient son indépendance de son union avec la Suède, en 1905. La composition du bâtiment, témoigne de cette alliance entre les deux nations.

À gauche, la tour étroite et haute couronnées d’un pignon très aigu décoré d’un motif d’écailles de poisson représente la Suède. A droite, la Norvège est signifiée par un bâtiment plus massif, d’un seul étage portant un large pignon qui supportait autrefois le drapeau du pays. Les deux parties sont reliées par une galerie basse, symbolisant l’alliance politique des deux nations.
Le pavillon est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historique depuis le 27 mai 1987.

Histoire Pavillon des Indes

Lors de l’Exposition universelle de 1878, la Grande-Bretagne tient une place prépondérante occupant, à elle seule, le quart de la section réservée aux nations étrangères. Le Pavillon des Indes fait quand à lui figure de symbole politique en affirmant la présence britannique sur le territoire indien.
Installé dans le vestibule d’honneur du palais du Champ-de-Mars, il fait face à des fleurons de l’art français tels les Diamants de la Couronne et à des productions de grandes manufactures.

Conçu par l’architecte Sir Caspar Purdon Clarke (1846-1911), le Pavillon des Indes se compose de deux pavillons symétriques reliés par une galerie couverte ; il se déploie sur 50 m de long.
Construit dans le style des palais indiens du Rajasthan, il sert de vitrine aux collections personnelles du Prince de Galles, futur Edouard VII (1841-1910) : harnais brodés, étoffes, vaisselles, vases, coffrets, bijoux, armes damasquinées et sculptées… Des collections privées complètent la présentation royale, notamment, des objets de fabrication indienne importés par des négociants domiciliés à Londres et à Paris. Les visiteurs découvrent ainsi les produits de l’artisanat de l’Inde et ses ressources naturelles.

À l’issue de l’exposition, le pavillon est découpé et entreposé avant d’être remonté en plusieurs sections. Une première partie est installée, vers 1881, sur la digue des dunes de Paramé (Saint-Malo) ; une seconde partie, plus petite, est celle acquise par le prince Stirbey, propriétaire du parc de Bécon, pour devenir la villa et le futur atelier de la jeune peintre Mlle Georges Achille-Fould Stirbey.
Le pavillon des Indes devient propriété de la ville de Courbevoie en 1951. Le pavillon est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historique depuis le 27 mai 1987.

Histoire Parc de Bécon

Les origines du parc demeurent incertaines en l’absence d’archives clairement identifiées avant le début du XIXe siècle. Les premières habitations sur le domaine datent du milieu du XVIIème siècle, situées côté Seine et une première villa seigneuriale est attestée, à la fin du XVIIIème siècle, à l’emplacement du futur château de Bécon.

Au cours du XIXe siècle, plusieurs propriétaires se succèdent dont Catherine Didier, épouse en secondes noces du Comte Hercule de Baschi du Cayla, qui habite le domaine de 1818 à 1826. La famille Orsini d’Orbassano, originaire de Sardaigne s’y installe également et fait agrandir l’ancienne villa sur les hauteurs du parc. Les aménagements les plus spectaculaires sont cependant réalisés plus tardivement, en 1860, par l’Evêque Baudichon qui commande, à l’ingénieur et paysagiste, François Duvillers un plan d’aménagement du parc. Destiné à servir d’école botanique et forestière permettant de compléter l’éducation des jeunes filles, le site sera ensuite revendu, dès 1869, aux familles Fould et Stirbey.

À partir de 1869, Valérie Simonin avec le prince héritier de Valachie, Georges B. Stirbey achètent les terrains disponibles et enrichissent le site de nouvelles constructions comme les deux pavillons de l’Exposition universelle de 1878.
Réaménagé et plusieurs fois rénové, le château de Bécon a été endommagé par les guerres successives pour être entièrement détruit entre 1957 et 1959. Lieu de villégiature, il accueillait tout au long du XIXe siècle des fêtes et des cérémonies réunissant artistes et écrivains. Installé à Courbevoie, en 1875, le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux y séjournera accueilli par le prince Stirbey, collectionneur et mécène.

En 1951, l’intégralité du domaine et du château deviennent propriété de la Ville. Le Parc de Bécon est alors le principal parc public de Courbevoie. En 1952, la ville de Courbevoie fait intervenir les frères Véra pour repenser certains espaces qui proposent ainsi la création d’un théâtre de verdure. Un des tous premiers conçus en Ile-de-France, le lieu demeure un site exceptionnel par l’agencement de la scène et de ses gradins en béton qui parachèvent quarante années de création et d’écrits théoriques.

L’emplacement de ce théâtre est favorisé par la présence de l’Orangerie, créant un décor naturel d’inspiration méditerranéenne et antique.
Le théâtre fut utilisé jusqu’à la fin des années 1970 comme lieu de représentations (Jean Vilar et Gérard Philipe) mais aussi de démonstration de danse, de pantomimes…

Histoire L’Exposition universelle de 1878 à Paris

Quelques chiffres-clés retraçant le faste de cette exposition :

  • Du 20 mai au 10 novembre 1878
  • 36 nations et 53 000 exposants
  • 75 hectares d’exposition
  • 16 millions de visiteurs

Inaugurée à Londres, en 1851, la première Exposition universelle impressionne tant Napoléon III (1808-1873) qu’il fait organiser à Paris, en 1855, une manifestation analogue, puis une seconde en 1867. Suite à la défaite de 1871 et la chute du Second Empire, l’Exposition universelle de 1878 célèbre à la fois la réconciliation et les premiers pas de la IIIe République. Avec celle de 1889, la France fête le centenaire de la Révolution ; Paris accueille ensuite les expositions universelles de 1900, 1931 et 1937.

L’Exposition universelle parisienne de 1878 doit rivaliser avec celle de Londres (1872), Vienne (1873) et Philadelphie (1876). Dédiée aux progrès industriels et technologiques, elle a pour ambition de placer la France au cœur des nations ouvrières et agricoles. Arts et savoir-faire y tiennent une place particulière.

Après plusieurs sites envisagés, dont Courbevoie, ce sont finalement l’esplanade du Champ-de-Mars et la colline de Chaillot qui sont retenus, situés au cœur de la capitale et facilement accessibles. Au terme d’un chantier titanesque, le palais du Trocadéro, remplacé, en 1937, par l’actuel palais de Chaillot, abrite une vaste salle des fêtes pouvant accueillir 7 000 personnes, tandis que celui du Champ-de-Mars s’étend de la Seine à l’Ecole Militaire.

Au cœur du palais du Champs-de-Mars, la Rue des Nations est l’une des attractions phares. Pour la première fois, on reconstitue le long d’une rue fictive des façades typiques de toutes les nations représentées à l’Exposition. Si les constructions sont en grandeur réelle, les espaces sont conçues pour que les pays présentent les fleurons de leur économie et leurs productions industrielles et agricoles.